L'hypersensibilité c'est quoi ? Comment vivre avec...

hypersensible-hyperempathie


Dans cet article, j'aimerais vous parler de mon hypersensibilité/hyper-empathie.
Comment ça se manifeste dans ma vie de tous les jours et mes astuces pour mieux vivre avec.
"Et ouai, l'hypersensibilité ce n'est pas uniquement chialer devant un film"


Les émotions 

Les émotions chez les personnes hypersensibles sont décuplées fois 10000.  La joie, la tristesse, l'amour, la haine, l'injustice... Bref tout y passe. Ça peut être agréable quand ce sont de bonnes émotions, mais très désagréable quand ce sont des mauvaises.
Etant d'une nature assez optimiste, j'arrive tout de même à gérer les mauvais côtés. Je ne me laisse pas facilement abattre, vois l'espoir et le bon côté dans la plupart des situations.

Je me sens chanceuse d'avoir ce trait de personnalité quand je suis heureuse, amoureuse. Je peux ressentir énormément de bonheur juste en voyant un paysage, ou en vivant quelque chose de banal (aux yeux de la plupart des gens) voir l'évolution de mes enfants, vivre une réussite dans le domaine professionnel par exemple. Et je l'exprime "ohh c'est ouf ! Non mais je suis trop contente j'en peux plus !" (d'ailleurs quand je ressens une émotion positive trop forte, je suis lessivée, je m'épuise) Au travail, mes collègues disent souvent "je suis au bout d'ma vie comme dirait Justine !" J'ai une facilité à exprimer ce que je ressens oralement sans trouver réellement les mots, car pour moi ils ne sont jamais aussi intenses que mon ressenti.

Par contre, je peux être déprimée, mélancolique et dévastée pour un rien, une situation d'injustice, une maladie qui touche les autres (c'est pourquoi, mon travail d'aide-soignante m'a épuisé au fil des années), les informations dans le monde. Dans les moments où je me sens assez vulnérable, je me coupe de tout ça, j'évite facebook, twitter qui sont anxiogènes pour ma part.

Le manque d'empathie, de compassion de la part des autres me sont assez difficiles à comprendre et accepter. Par exemple, en voiture je suis souvent énervée et dépitée de la réaction des gens qui klaxonnent, hurlent ou insultent pour un rien.

La critique m'atteint très facilement, la méchanceté gratuite aussi. Je peux ruminer pendant plusieurs jours sur une situation qui m'a été très difficile à vivre. Souvent, je me dis "mais pourquoi les gens se permettent ça avec moi alors que je ne pourrais pas leur faire de choses pareilles !" Vous savez quand on vous dit "t'as cru que c'était le monde des Bisounours, prends du recul, tu t'en fous..."  Toutes ces phrases m'insupportent au plus haut point !
Tu peux me foutre dans une fusée et m'expédier sur la lune que je n'aurais pas assez de recul ! Donc ma solution de ces dernières années a été de m'éloigner sans faire de bruit du maximum de personnes négatives pour moi. Croyez-moi faites du tri, vous vivrez mieux votre vie.

A contrario, la critique constructive ne me dérange pas, je l'accepte assez bien et me remet facilement en question. Hypersensible OUI mais pas CONNE s'il vous plaît !


Un cerveau légèrement RELOU


Entre les questions existentielles du genre pourquoi "je suis sur terre, qu'elle est ma mission de vie, que se passe -t-il après la mort. Pourquoi ci pourquoi ça..." Une de mes phrases préférées c'est "imagine que ...."et là je peux partir très loin dans ce "imagine" !
Oui on a souvent une imagination débordante, c'est un atout, mais pas que... imaginez-moi dans une salle de cinéma, si je ne parle pas avec la personne à côté de moi, que c'est la pub,  je pars dans des délires du genre "s'il y a le feu, un tremblement de terre ou un tueur dans la salle", je cherche donc comment sortir (partout où je vais, je repère les sorties de secours), je peux vite monter en angoisse ! J'arrive assez bien à me raisonner si je vois l'angoisse monter, la méditation m'aide pas mal, au début c'est assez compliqué de contrôler ses pensées, mais grâce à la méditation guidée c'est possible. J'utilise l'application petit bambou en version gratuite.
Il n'est pas rare que je souffre d'insomnies.


Les sens


Et oui ! l'hypersensibilité ce n'est pas que pour les émotions.

Les matières
Impossible pour moi de porter certaines matières comme la laine, la dentelle, le polyester et compagnie... (tout ce qui gratte ou colle). Pour moi, c'est coton ! Genre culotte Damart ! j'avoue, j'abuse un peu, mais les sous pulls sont mes meilleurs potes l'hiver ! Si vous n'avez pas suivi ma quête du bonnet parfait qui ne gratte pas c'est que vous n'êtes pas abonné à mon compte instagram from soap to lipstick. Venez donc !

La lumière vive 
Bonjour les migraines quand je sors des magasins avec les néons, le soleil dans les yeux... Depuis que je porte mes lunettes de vue avec l'option anti-lumière bleue ça va un peu mieux dans les magasins, mais je ne pourrais pas y travailler.

La faim
Kho Lanta moi ? Jamais ! Je ne supporte pas la faim, vertiges, migraines, nausées sont de la parties si je laisse la faim s'installer. J'ai longtemps ressenti une forme de culpabilité, faiblesse face à ces réactions. "Comment font les personnes qui n'ont pas la chance de manger à leur faim, je fais ma capricieuse..."  

Le bruit 
Les bruits qui me sont imposés sont par moment difficile à supporter, je peux vite perdre patience, s'il y a une télévision, une tablette, des enfants qui crient... Autant vous dire que je ne travaillerai JAMAIS dans une crèche !
Je suis du genre à mettre la musique à fond dans ma voiture, dans mes écouteurs... C'est même vital pour moi de pouvoir m'évader à travers la musique, c'est un moyen de m'apaiser, d'extérioriser mes sentiments. Comme dit le rappeur Nekfeu
" t'est-il déjà arrivé de chialer toute la nuit sur un vieux son de rap français". 


Au contraire, le silence aurait une tendance à m'angoisser, quand je suis seule je mets constamment un bruit de fond (tv, musique) Je suis bizarre...


Empathie/ressentis


Mon empathie m'épuise vraiment. J'ai encore du mal à la voir comme un don, une personne me raconte ses problèmes de couple ou rupture je le vis avec. Je peux m'en rendre malade, ne pas dormir de la nuit ! 
Une famille en deuil, je vis le deuil avec eux. Dans mon travail, j'ai la plupart du temps réussi à ne pas être confrontée à ce genre de situation, je restais en retrait. Accompagner une personne en fin de vie était pour moi une manière de les aider, j'ai toujours fait ça avec bienveillance, respect. Certains décès ont été plus difficiles que d'autres, mais voir la tristesse des familles m'est réellement difficile, je n'arrive pas à prendre de la distance, j'ai une tendance à faire des transferts.

Quand je rentre dans une pièce pleine de personnes, je ressens directement s'il y a une tension, un malaise, pour moi ça peu vite devenir épuisant et désagréable. Un enfant qui fait un caprice, une personne énervée... Il m'arrive souvent de ressentir un sentiment de honte, de gène à la place de la personne qui, elle ne ressent rien face à ses actes. 

J'ai quand même du mal à comprendre pourquoi avec tout ça, je reste assez naïve (quoique devenue méfiante ces dernières années), je suis vite déçue par les comportements et ne voit pas forcément quand une personne me veut du mal, peut-être le fait que j'ai tellement foi en l'humanité.

Pour me protéger de mon empathie, j'ai une tendance à l'isolement, à mettre une distance. Il n'est pas rare que je prenne mes distances face à une personne trop négative, pessimiste pour me protéger moi-même. Quand j'étais plus jeune, j'ai remarqué transférer les problèmes des autres dans ma vie inconsciemment. (problèmes de couple entre autres)

Je ne pense pas qu'il soit égoïste de vouloir mettre de la distance pour se protéger. Etant très altruiste, souvent mon conjoint me recadre, en me disant de prendre du recul et de la distance, que ce ne sont pas mes problèmes et surtout que je ne peux pas aider des personnes qui ne le veulent pas, qui ne sont pas prêtent.



Conclusion 

Avant d'avoir conscience que j'avais ce trait de caractère, je pensais être anormale, décalée par rapport aux autres. Je ressentais un certain mal-être et surtout une incompréhension de mes réactions.
Le jour où j'ai découvert ça, j'ai ressenti un énorme soulagement ! Un poids qui s'est retiré, un sentiment de légèreté est apparu. Enfin, je sais pourquoi ma vie est ainsi, j'ai compris beaucoup d’événements de ma vie. J'avoue ne pas encore arriver à tout gérer et comprendre, j'ai encore des questionnements face à moi-même. La spiritualité, le développement personnel m'aide beaucoup.
Je suis très reconnaissante d'être ainsi, d'avoir mes 2 enfants également avec ce trait, de pouvoir les accompagner au mieux.

Je pourrais écrire un livre à ce sujet tellement il est vaste et vécu différemment selon les personnes. A défaut d'être psychologue ou écrivaine voici quelques livres intéressants :

Hypersensibles Mieux se comprendre pour mieux s'accepter 
Ecrit par Elaine N. Aron
Le seul regret de ce livre s'est qu'il parle essentiellement des hypersensibles ayant eu des enfances compliquées. Je tiens également à préciser que c'est la réédition du célèbre "Ces gens qui ont peur d'avoir peur"

Le guide de survie des hypersensibles empathiques
Ecrit par Judith Orloff
Je me suis beaucoup plus retrouvée dans ce livre.




















Commentaires

  1. Coucou !
    Pas mal de traits de caractères que nous avons en commun. Je suis hyper sensible moi aussi mais les années de vie à Paris m’ont obligé de cacher ma sensibilité.
    Sinon, je suis très aggressive si j’ai faim ��
    Bises,
    Tanush

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    1. Ah oui, Paris c'est tellement mouvementé ! Pour son bien, par moment on est bien obliger de la cacher. Merci pour ton commentaire.

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  2. Hello !

    Hypersensible aussi, je me retrouve dans bien des points de ta propre description, mais pas dans tous non plus. :-) Enfin ça, c'était avant. A un moment il y a eu comme une barrière qui s'est imposée entre les autres et moi, pour ma propre santé mentale et physique. Désormais je ressens encore les choses, et j'ai du mal à ne pas fondre en larmes dès que je vois un truc joli ou triste, mais concernant les contacts avec l'extérieur, je suis presque une ermite.

    Mes hypersensibilité et empathie m'ont quand même permis de développer ma bienveillance, même si ce mot est trop utilisé pour tout et n'importe quoi, je ne suis pas une gentille agnelle qui sourit à tout, j'ai mes idées, mes humeurs... Mais je suis contente du chemin parcouru, au moins dans certaines directions.

    Et comme toi quand j'ai faim, je peux vite être très mal, soit physiquement, soit mentalement. :-)

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    1. L'hypersensibilité ne doit pas être un fardeau. Une fois qu'on en prends conscience ça peut réellement devenir une force ! Le plus dur, je pense c'est quand on en a pas conscience, qu'on ne se comprends pas. Une fois qu'on a les clés ça devient un atout.
      Merci beaucoup pour ton commentaire.

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